À Pin-Rolland, nous avons déjà vu ce film. La propriété agricole Luco, située en zone non urbanisée dans la bande des 100 mètres du rivage, aurait dû être clairement protégée de l’urbanisation par la loi Littoral. Cette bande inconstructible est un outil essentiel pour préserver notre littoral pour toutes et tous. Pourtant, aujourd’hui, le site de cette propriété est entièrement bétonné.
Comment en est-on arrivé là ? En contournant l’esprit de la loi : on commence par grignoter une première parcelle « à la marge », on invoque un projet socialement sensible, une maison de retraite, puis, une fois la brèche ouverte, on rend progressivement constructible l’ensemble du secteur.
À celles et ceux qui défendaient la protection du littoral, on a opposé un chantage moral : « Vous êtes contre la maison de retraite ? Donc vous êtes contre les personnes âgées ! ». Cette instrumentalisation des besoins sociaux a permis de faire sauter une protection qui, pourtant, devait bénéficier aux générations présentes ET futures.
Aujourd’hui, la même mécanique est à l’œuvre sur la propriété Fliche-Bergis. Cette fois, ce ne sont plus « les anciens » qu’on brandit comme caution mais « les enfants ». Le scénario est tristement identique : « Vous êtes contre un centre aéré à Fliche ? Alors vous êtes contre les enfants ! ».
Refusons ce piège. Personne n’est contre les enfants, comme personne n’était contre les personnes âgées. Ce que La Vague Mandréenne dénonce, c’est la manipulation des besoins sociaux pour déverrouiller des protections environnementales qui garantissent, justement, la qualité de vie de ces enfants lorsqu’ils seront adultes.
Une stratégie bien rodée : ouvrir une brèche pour tout urbaniser
Le schéma est maintenant clair :
- Construire d’abord un équipement présenté comme « indispensable » (maison de retraite hier, centre de loisirs aujourd’hui).
- Affaiblir les protections juridiques (loi Littoral, zonages) en invoquant l’urgence sociale.
- Lancer les travaux avant même que tous les recours soient purgés, en passant en force.
- Utiliser ensuite les bâtiments, les ruines ou les aménagements comme prétexte pour justifier la poursuite de l’urbanisation du site.
C’est exactement ce qui se passe à Fliche : les recours contre le permis de construire demeurent, mais les engins sont déjà entrés, les ruines ont été démolies, et des marchés publics de plusieurs millions d’euros ont été signés sans véritable débat en commission.
Pendant ce temps, on dénigre l’existant, alors même qu’il est déjà à la charge de la commune. L’école de l’Orée du Bois qui accueille depuis des années le centre aéré dispose d’environ 2 000 m² de cour, en partie ombragée, avec préaux, dans un environnement remarquable : proximité du bois, du sentier du littoral et de la plage, et bâtiments en cours de réfection.
Un site que beaucoup de communes nous envieraient.
Le centre aéré à Fliche n’est donc pas une nécessité vitale : c’est un choix politique, et un levier pour justifier l’urbanisation d’un espace littoral remarquable.
Notre responsabilité collective : ne pas se laisser faire
Le littoral ne se défend pas tout seul. La loi Littoral ne se défend pas toute seule. Chaque renoncement crée un précédent qui sera invoqué demain pour bétonner un autre espace naturel.
Nous ne sommes pas contre les équipements publics, ni contre les enfants, ni contre les personnes âgées. Nous sommes :
- contre le fait accompli,
- contre l’érosion progressive des protections de notre environnement naturel,
- contre l’usage cynique des besoins sociaux pour liquider un patrimoine naturel commun.
La presqu’île de Saint-Mandrier mérite mieux que des artifices juridiques et des manœuvres de communication. Elle mérite une vision à long terme, qui concilie vraiment services à la population, respect de la loi Littoral et préservation des espaces naturels.
Cette fois, nous sommes avertis.
La Vague Mandréenne élue ne pratiquera pas ces manipulations, respectera le droit, informera les habitantes et habitants et protégera, pied à pied, ce qu’il reste de littoral naturel à Pin-Rolland et sur l’ensemble de la presqu’île.
Le 15 mars 2026,
le choix sera simple : continuer l’urbanisation de notre presqu’ile en vous manipulant
ou choisir la protection de votre santé, de votre environnement et l’intérêt général.


